mardi 13 octobre 2015

Pour sauver la Sécurité sociale, introduisons la concurrence !

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Pour fêter les 70 ans depuis l’adoption de la Sécurité sociale en France, on a eu droit à des dizaines d’articles et de débats médiatiques, la plupart essayant de répondre à la question « Comment sauver notre système de sécurité sociale ? ». Bizarrement, même si pratiquement tout le monde est d’accord pour dire que les déficits réguliers sont intenables, on n’a pas entendu de voix pour se prononcer en faveur d’une vraie réforme qui ouvrirait à la concurrence notre système d’assurance maladie.

C’est pourtant ce qui a été fait dans plein d’autres pays et apparemment, ça marche. Dans le classement des systèmes de santé les plus efficaces (Euro Health Consumer Index), les Pays-Bas arrivent en tête, la France ne se situant qu’à la…7ème place. Et pourtant, le système néerlandais est bien différent du notre comme l’a montré l’IREF dans une Etude récente.
Les résultats de cette étude qui compare les régimes d’assurance dans 4 pays (France, Pays-Bas, Allemagne et Suisse) mettent surtout en évidence la supériorité du système néerlandais qui
fonctionne à l’image d’un partenariat public-privé dans lequel l’Etat prélève des cotisations destinées à fournir des soins de qualité aux moins de 18 ans ainsi qu’aux ménages à faibles revenus. Ce régime particulier a permis de réduire le déficit public et le coût de fonctionnement de l’assurance maladie, d’améliorer la qualité des soins et le niveau de satisfaction des assurés. Et aussi d’assurer mieux que le système français les personnes ayant les revenus les plus faibles alors que celles avec des revenus plus élevées peuvent s’assurer à la Caisse de leur choix, comme enn Allemagne où les personnes avec des revenus à partir de 4 050 euros brut/mois sont libres de choisir un système d’assurance santé totalement privé.
Les Pays-Bas ont réduit de plus de 3% leurs coûts administratifs sur la période 2001-2010. Et avant crise, la baisse des coûts avait été de près de 10% aux Pays-Bas et de 3% en Allemagne. Dans le même temps, la France n’a jamais réussi à réduire ses coûts de gestion qui représentent en moyenne 4% des dépenses totales de santé.
Les cotisations sociales patronales et salariales sont deux fois plus élevées en France qu’aux Pays-Bas et les employeurs français font face à un surcoût de 70 % plus élevé en matière de santé que leurs homologues allemands et néerlandais.
Les réformes allemandes et néerlandaises ont donc permis l’émergence d’une concurrence entre les caisses d’assurances. La qualité des soins n’a pas diminué et dans le cas des Pays-Bas, elle a même augmenté depuis la réforme de 2006, comme le montre d’ailleurs le classement des systèmes de santé. Pourquoi alors continuer tous ces débats stériles et ne pas introduire, en France aussi, une bonne dose de concurrence ?

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