jeudi 9 janvier 2014

+ 38 milliards de recettes fiscales en 2013 et un déficit qui ne recule que de 15, cherchez l'erreur... 26 milliards de dépenses publiques en plus : mais qu'a fait exactement le gouvernement de cet argent ? Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/38-milliards-recettes-fiscales-en-2013-et-deficit-qui-ne-recule-que-15-cherchez-erreur-26-milliards-depenses-publiques-en-plus-

Atlantico : Sachant que les intérêts de la dette nationale ne sont pas compris dans les 26 nouveaux milliards de dépenses publiques pour 2013, faut-il considérer que cette évolution budgétaire est anormalement préoccupante si l'on prend en compte le contexte économique actuel ?

Jean-Luc Boeuf : Trois mots caractérisent la situation budgétaire de notre pays : stagnation, endettement massif et illusion des taux d'intérêt. Combinés, ces trois mots aboutissent à une nouvelle augmentation des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques. Premièrement, l'on assiste à une véritable stagnation de l'économie française accompagnée d'une nouvelle augmentation des dépenses publiques. En effet, si le Produit intérieur brut s'est accru de 28 milliards d'euros en 2013, la hausse est due en totalité à l'inflation ! Dit autrement, l'économie française est en stagnation. Ce chiffre est d'autant plus alarmant est que les dépenses publiques absorbent à elles seules 26 des 28 milliards d'euros. La conséquence est claire. La part des dépenses publiques dans la richesse nationale progresse à nouveau en 2013, pour atteindre un niveau jamais atteint. Deuxièmement, une nouvelle augmentation de la dette s'est produite en 2013. Ce qui est la traduction de la différence avoisinant les 100 milliards d'euros entre les recettes de l'Etat et ses dépenses. Troisièmement, la contrainte des taux d'intérêt est plus forte que jamais. Elle semble pour l'instant invisible par le grand public puisque la charge de la dette n'augmente pas malgré une hausse de l'endettement. Ceci n'est dû qu'à des taux d'intérêt historiquement bas sur la moyenne durée.
Rendons-nous seulement compte qu'une augmentation de 1% des taux d'intérêt équivaudrait à payer immédiatement 10 milliards d'euros en moins d'une année. La France donne l'illusion d'avoir trouvé le "merveilleux secret du déficit
sans pleur qui permet de donner sans prendre, d'emprunter sans payer" pour paraphraser Jacques Rueff à propos du dollar avant sa brutale dévaluation puis dévalorisation au tournant des années 1970. Seulement, en finances publiques, il n'y a pas de magie. Simplement une accalmie avant de payer l'addition d'une dette publique qui avoisine les 100% du PIB.
Voir ici pour les détails du chiffrage mené par Coe-Rexecode (accessible pour les adhérents du site web de l'institut)

Concrètement, comment se répartissent dans le détail ces nouvelles dépenses de l'Etat ?

François Ecalle : Les dépenses publiques de 2013 ne seront connues que fin mars avec la publication par l’INSEE du compte provisoire des administrations publiques pour cette même année. Le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour 2014 en donne toutefois une prévision relativement robuste. Il montre que les dépenses publiques sont passées de 56,6% du PIB en 2012 à 57,0% en 2013, ce qui correspond à une augmentation de 28 Md€.
Ce même rapport permet de décomposer cette augmentation selon les administrations qui en sont à l’origine, d’une part, et selon la nature des dépenses concernées, d’autre part.
Les dépenses des administrations publiques centrales, c’est-à-dire l’Etat et ses établissements publics administratifs (plus précisément les organismes divers d’administration centrale dans la terminologie des comptes nationaux), ont augmenté de 5 Md€, celles des administrations publiques locales de 7 Md€ et celles des administrations de sécurité sociale de 16 Md€.
Si les charges d’intérêt ont diminué de 3 Md€ grâce à la baisse des taux, la masse salariale publique (y compris les cotisations sociales des employeurs) a augmenté de 5 Md€, les autres dépenses de fonctionnement courant de 2 Md€, les prestations sociales de 19 Md€ (dont 3 Md€ pour les indemnités de chômage), les investissements de 2 Md€, les subventions de 1 Md€ et les autres dépenses de 2 Md€.

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